Est-il possible d’aimer ses règles ? Quatre femmes témoignent

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Comme vous le savez (ou comme vous vous en doutez peut-être), j’ai récemment appris à apprécier mes règles. Aujourd’hui, j’entretiens un rapport beaucoup plus serein avec elles, malgré la douleur, malgré la gêne physique, malgré tous les petits désagréments qui viennent avec, parce que me pencher sur ce vaste sujet que sont les menstruations m’a permis d’en apprendre énormément et de revoir un peu ma vision des choses.

Du coup, je me suis dit que je n’étais certainement pas seule dans ce cas, et que ça pourrait être chouette, pour une fois, d’aborder le sujet de façon plus positive avec des personnes qui vivent bien cette période du mois et qui, elles aussi, ont appris à y trouver quelque chose de positif. J’ai donc lancé un petit appel sur Twitter et plusieurs femmes ont accepté de répondre à mes questions et de m’expliquer pourquoi elles aiment leurs règles et comment elles en sont arrivées là.

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1. Pourquoi dis-tu aimer tes règles ?

J., 30 ans : Parce que je n’aimerais pas ne plus les avoir.

Camille, 20 ans : Parce que ce n’est plus devenu une corvée de les avoir, et que, les avoir c’est finalement signe que je suis jeune, capable (à première vue) d’avoir des enfants.

Caroline, 23 ans : Selon le médecin de famille que nous avions quand j’étais enfant/préadolescente, il n’était pas normal que je n’ai toujours pas mes règles vers mes 12/13 ans : il me trouvait trop grande pour mon âge, pas assez formée, etc… et voulait me les déclencher en me prescrivant la pilule (belle idée de merde). Ma mère a bien sûr refusé, trouvant sa proposition plus que saugrenue et dangereuse, mais j’en ai gardé un souvenir étrange, l’impression de ne pas être dans la norme, de ne pas avoir un corps « fonctionnel ». Ne sachant pas qu’il s’agissait d’une pilule contraceptive, je pensais qu’il s’agissait d’un traitement contre une « maladie ». J’ai donc commencé à penser, sans oser en parler, que je ne les aurais jamais, que je ne serais jamais normale et que mon corps était inachevé et grotesque. Du coup, je les attendais avec fébrilité. Et elles sont arrivées vers mes 14 ans. J’étais si heureuse de tâcher mes culottes, de sentir mon corps s’activer comme jamais je ne l’avais senti le faire avant. Enfin ! J’étais rassurée, j’étais dans « la norme », je n’étais pas malade. J’ai gardé de cette époque l’impression d’être rassurée à chaque fois qu’elles arrivent. Par contre, on a changé de médecin de famille. Fini les zigoteries.

J’aime la sensation que mon corps vive un cycle et se « nettoie » une fois par mois (pour ma part). Cette pause physiologique me fait du bien. Je sais que je suis un peu à plat, que c’est parfois un peu relou, mais que c’est pour mieux repartir après. Du coup, je m’approprie cette semaine comme un rendez-vous mensuel avec mon corps. C’est l’occasion de le regarder, de le ressentir, d’en prendre soin. C’est le moment où personne n’a le droit de venir me faire chier.

Roxanne, 25 ans : J’ai eu mes premières règles tardivement par rapport à mes copines : à 15 ans et demi, soit à la fin de l’année de seconde. J’ai très mal vécu l’attente, c’était mal vu de pas avoir ses règles car ça faisait bébé, alors je mentais, je faisais croire que je les avais. J’avais honte de rentrer au lycée, « l’école des grands », avec mon physique enfantin. Du coup quand elles ont taché ma culotte pour la première fois, j’ai explosé de joie ! Pendant des années, leur arrivée mensuelle a provoqué ce même élan de bonheur, même quand c’était pas le moment ou qu’elles tachaient mes draps. Maintenant ce que je ressens n’est plus aussi passionné, mais je suis contente de les voir pointer leur bout du nez chaque mois, c’est un peu comme des retrouvailles avec des vieilles copines dont je suis très proche.

2. Quel rapport entretiens-tu avec tes règles aujourd’hui ? Comment vis-tu ça au quotidien ?

J. : J’ai arrêté de prendre la pilule il y a plusieurs années et mes règles sont moins régulières qu’avant. Alors aujourd’hui, j’essaie de savoir à peu près quand ça va tomber (j’ai une appli pour ça mais j’oublie tout le temps de l’utiliser), mais je suis toujours un peu à l’arrache (c’est fréquent que je me retrouve sans protection ou prise au dépourvu et que je fasse des tâches). Je n’y pense pas trop en fait. Quand je les ai, beaucoup de choses changent, et pas forcément agréables (j’ai mal au début, mon ventre gonfle beaucoup, j’ai de l’acné…), mais je suis contente de savoir qu’elles sont là, elles sont arrivées. Je prends ça comme un message que m’envoie mon corps pour me dire qu’il y a un truc censé fonctionner qui fonctionne effectivement. Et une fois que c’est fini j’ai l’impression de « commencer » quelque chose de nouveau, comme d’avoir mué, un peu. Je crois que j’aime bien ce côté cyclique et « remise à zéro » de quelque chose. Et puis je trouve ça badass, tout ce sang.

Roxanne : Je pense à elles de manière théorique, j’ai envie d’en parler, de les revendiquer, de briser les tabous qu’il y a autour de la menstruation. Je dessine des tampons et des cups. Mais de manière pratique, je les oublie souvent et me laisse régulièrement surprendre par leur venue.

3. Est-ce que ça a toujours été le cas ?

J. : Je me souviens que je n’avais pas du tout hâte de les avoir, contrairement à mes copines. J’ai été réglée à 11 ans, j’étais dépitée, j’aurais aimé que ça arrive plus tard. Et je trouvais ça un peu angoissant, ça me rappelait à un devenir inexorable (d’adulte ? de « femme » ? juste le temps qui passe ? je sais pas…)

Roxanne : Globalement oui. J’ai connu des périodes où elles me laissaient un peu plus indifférentes, notamment quand je prenais la pilule et qu’elles suivaient des horaires précis. Je les préfère un peu plus imprévues.

4. Si non, qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis ?

J. : Je ne suis pas sûre de savoir. En tout cas, quand j’ai commencé à prendre la pilule et que j’ai appris que les règles qui se produisaient pendant l’arrêt étaient « artificielles », ça ne m’a pas plu. Il doit y avoir des petits relents de naturalisme derrière tout ça, ce n’est pas très rationnel j’imagine. Et quand on m’a proposé de la prendre en continu pour ne plus les avoir du tout, j’ai immédiatement refusé. Puis j’ai arrêté la pilule au bout de quelques années (pour d’autres raisons), et l’idée que je retrouvais des « vraies » règles, ou du moins, quelque chose qui n’était pas encadré et maîtrisé par mon action, mais qui « m’arrivait » et me dépassait un peu était très satisfaisant à mes yeux.

Camille : La cup et la pilule. Déjà, la pilule me permet de savoir précisément quand je vais les avoir, pas de mauvaises surprises, je peux prévoir ma vie autour. Ne serait-ce que mes rendez-vous chez l’esthéticienne par exemple, c’est un peu bête mais avant j’avais toujours peur de devoir annuler des rendez-vous. Et la cup, cette révolution. Avec ma prise de pilule, j’ai eu des sècheresses, et je me suis rendue compte que mes serviettes hygiéniques y contribuaient. N’ayant jamais réussi à utiliser correctement un tampon (fuites), j’ai franchi le pas de la cup, et y a pas photo. Je peux me permettre de la vider seulement une ou deux fois par jour, et j’adore voir mes menstruations, ça me permet de mieux les apprivoiser en fait (les fausses idées de saleté, de puanteur, de geyser…), j’aime bien ça de voir mon sang. En plus je parle de la cup hyper librement, à n’importe qui, n’importe où. Je sais pas, je trouve ce bout de plastique si dingue, que ça m’a comme libérée d’un tabou.

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5. Si oui, à quoi est-ce dû selon toi ?

Caroline : Je pense que ma mère a joué un grand rôle là-dedans, n’ayant jamais diabolisé les règles. De plus, elle était vraiment à mon écoute quant aux douleurs, interrogations, etc. Mon cerveau se lançait dans des cavalcades paranoïaques, notamment à cause du médecin zigoto, mais elle a toujours essayé de me rassurer et de me faire comprendre que chacun(e) a ses règles d’une manière différente, à un moment différent. Et qu’il vaut mieux vivre avec que d’essayer de lutter contre. La vue du sang, son odeur, son contact ne m’a jamais dégoutée, je trouvais ça même fou, de voir son sang comme ça, sans être blessée. Dans ma construction personnelle vis-à- vis des règles, de la perception et de l’affirmation du corps féminin dans un sens plus général, des personnes comme toi, Diglee, Daria Marx, Diane Saint- Réquier, etc. m’ont beaucoup aidée. J’étais déjà plutôt à l’aise avec mes règles, intimement, mais vous m’avez apporté la confiance nécessaire pour les assumer en public.

Roxanne : Je n’avais pas peur des règles et me sentais prête à les avoir (sans doute car j’étais bien renseignée), j’avais même hâte. Je n’ai jamais trouvé ça sale mais au contraire, assez badass, et définitivement fascinant. Et puis bon, la chance : mes règles sont peu douloureuses et peu abondantes, je m’en fiche de les avoir en vacances par exemple – au contraire même, parfois ça crée du challenge et ça m’amuse…

6. Est-ce que ton entourage et/ou ton éducation ont contribué à ce processus ?

J. : Je pense que l’approche très terre-à-terre et physiologique de ma mère a contribué à ne pas diaboliser ça, et que ça explique ma « décontraction » aujourd’hui. Par contre, je trouve l’attitude certaines personnes vraiment intrusive vis-à-vis de la puberté des adolescent-e-s, toutes ces questions, ces remarques, etc., j’ai très mal vécu certains commentaires et interrogations, comme des atteintes à mon intimité.

Roxanne : Bien sûr : déjà, je pouvais parler assez librement de mon corps et de la sexualité avec ma maman, et puis on en parlait entre amies, et puis… internet !

7. As-tu mal pendant tes règles ? 

J. : Le premier jour, oui, et plus qu’avant je crois.

Caroline : Oui, pas avec la même intensité à chaque fois et pas toujours les mêmes mais globalement : des migraines qui peuvent être assez fortes, au point de me donner un peu la nausée; les trompes qui gonflent et qui font comme un pincement; des contractions vaginales qui sont aujourd’hui assez faibles, mais qui se font quand même bien sentir; quelques douleurs musculaires de temps en temps, notamment en hiver (reins, tendinite,dos); Les seins qui gonflent et semblent sur le point d’exploser.

Roxanne : Parfois un peu mal au ventre, mais jamais assez pour avoir besoin de médicament. Par contre de temps en temps, je déprime très fort un ou deux jour(s) avant leur arrivée.

8. As-tu des conseils pour les personnes qui aimeraient avoir un rapport moins conflictuel avec leurs règles ? 

Camille : Peut-être mettre le point sur ce qui vous angoisse vis-à- vis des règles : leur odeur, leur douleur, leur irrégularité, leur abondance… Et partir de là pour trouver des solutions, comme changer de protection hygiénique, mettre en place un calendrier (j’avais testé une appli avant ma prise de pilule et c’était plutôt pas mal), consulter un gynécologue… J’ai conscience après que tout le monde ne peut pas régler ses problèmes aussi facilement, mais il ne faut pas rester dans son mal-être, ne pas se dire que mal vivre ses règles c’est normal. On va vivre un bout de temps avec, autant faire que la coloc se passe au mieux.

Caroline : C’est un peu dur de donner des conseils, sachant que le rapport aux règles est très intime, mais je donnerais ces quelques conseils (peut-être un peu maladroits) :

– Prendre conscience que beaucoup ont eu leurs règles avant et les auront après nous, que nous ne sommes pas seul(e)s et qu’il s’agit d’un phénomène normal et naturel.

– Essayer d’inverser la tendance durant cette période en trouvant des choses à faire qui nous font du bien, nous apaisent et qui se prêtent aux circonstances. Par exemple : ne pas se forcer à aller courir si on ne le sent pas (ou bien, à l’inverse, aller courir 100km si on en a envie), ne pas se forcer à sortir, se laver souvent si on le souhaite, se mettre en pyjama dès que possible etc.

– Demander conseil autour de soi/à des professionnels/à des personnes qui en parlent souvent (avec pédagogie) sur les différentes manières (médicales ou naturelles) d’apaiser les manifestations douloureuses et handicapantes que peuvent avoir les règles.

Roxanne : Pas vraiment car je sais que mon rapport à mes règles est positif principalement parce qu’elles sont peu douloureuses… De manière générale, j’ai la volonté d’aimer mon corps (avec ses défauts ou éléments supposés comme tels) et d’appréhender tout ce qui lui arrive (effets des règles, maladie, rides, boutons, vergetures…) comme des petites aventures inhérentes à la vie qui densifient son histoire. Peut-être que ça peut en inspirer certain-e-s.

9. As-tu des petits rituels que tu entretiens pendant tes règles pour en faire un bon moment ?

J. : Pas vraiment, mais il y a des habits que j’aime bien porter à ce moment là.

Camille : Pas spécialement. Mais déjà, depuis un certain temps, j’ai arrêté d’associer mes règles à des comportements, comme manger, pleurer, dormir etc… Parce que ça me faisait en avoir en fait, comme si je me sentais obligée de m’enfiler des tablettes de chocolat durant cette période du mois. Alors certes, je ne nie pas, les règles peuvent entrainer des modifications sur nos comportements, mais je choisis de ne pas y penser, de ne pas forcément le mettre en rapport avec mes menstrues. Du coup, ça contribue à ne pas faire de différences sur ma vie sans et avec mes règles.

Caroline : Oui, plusieurs :

– Prendre une douche chaude matin et soir tant que je les ai

– Hydrater tout mon corps tous les soirs

– Ne pas faire les courses (je suis sois dégoutée, soit affamée par tout ce que je vois)

– Manger autant que je veux quand je veux, parfois beaucoup de gras, et parfois beaucoup de choses légères, comme de la pastèque

– Me faire masser les épaules et les reins

– Me coucher tôt, ou du moins, me mettre tôt au lit

– M’épuiser physiquement (courir, marcher, etc)

– Éviter les sources d’angoisse et de stress au maximum, et m’enfermer dans une bulle de films, séries et livres qui me plaisent.

Je ne sais pas si ça a un lien, mais je vis encore mieux mes règles depuis que je suis végétarienne. Je n’arrive pas à savoir si c’est grâce à un régime alimentaire plus léger, ou bien parce que je me suis ainsi créé une nouvelle hygiène de vie plus en harmonie avec moi et ce que je suis (ou les deux).

Si vous souhaitez vous aussi partager votre expérience et vos conseils, les commentaires sont ouverts et n’attendent que vos contributions ! 

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15 réflexions sur “Est-il possible d’aimer ses règles ? Quatre femmes témoignent

  1. C’est intéressant, je me retrouve dans beaucoup de témoignages. Moi aussi je suis toujours contente d’avoir mes règles, en grande partie parce que je les ai eu « tardivement » (un peu avant 15 ans), et que ça a été un soulagement du coup. (Surtout qu’au collège, les garçons se permettaient tellement de remarques et de blagues sur les filles, leur corps, leur humeur, en mettant tout en rapport avec les règles…).
    A l’époque, je portais des serviettes, et j’aimais vraiment la sensation de les sentir couler quand je me levais après une heure de cours. (J’aime toujours, mais avec la coupe menstruelle, je le sens rarement).
    Depuis que je suis passée à la coupe, j’ai été sidérée de les « voir » en la vidant dans les toilettes. Je trouve que ça a une belle couleur, je peux pas m’empêcher de regarder. Parfois j’ai même envie d’appeler mon mari pour lui montrer, haha! (Mais je ne le fais pas).
    Je porte ma coupe seulement si je sors, et je dors sans protection, nue, à côté de mon mari. Depuis que je suis passée à la coupe, je lui en ai pas mal parlé, et on est tous les deux complètement à l’aise avec le sujet; si on en a envie on fait l’amour (mais l’excitation me déclenche en général des douleurs trop intenses), etc.
    Je suis toujours assez fière de les avoir, aussi parce que c’est une chose qu’il ne vivra jamais, j’ai du mal à mettre des mots dessus, mais je trouve que ça me met en valeur.
    Et puis, le premier jour est assez douloureux, mais c’est l’occasion de me faire encore plus cajoler… j’avoue que j’en profite un peu 🙂

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  2. Merci pour ces témoignages !! J’ai raté l’appel Twitter :-(. Moi j’aime aussi mes règles, pour deux raisons principales. La première c’est que ces règles sont la preuve que mon corps fonctionne bien et plus encore qu’il a bien travaillé : un ovule a été libéré, mon endomètre s’est épaissi pour accueillir la vie, les hormones ont fait leur boulot (pour moi refaire le lien entre ovulation et règles a été décisif et a ôté tout le mystère-dégoût-ignorance-énervement qui planait autour d’elles). J’accepte aussi beaucoup mieux ma mauvaise humeur puisque je sais qu’elle correspond à celle de mon corps « physique » qui attendait une fécondation mais ne l’a pas eue. La deuxième c’est que ces règles sont la preuve que je connais bien mon cycle puisque je ne suis pas tombée enceinte… alors que je n’utilise pas de contraceptif et adapte ma sexualité à ma fertilité (donc petit kiff chaque mois). J’en ai d’ailleurs fait le sujet de mon blog 🙂

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  3. Très heureuse de lire cet article ! Ca fait plaisir à lire tous ces témoignages positifs. Moi aussi je suis heureuse de les avoir depuis toujours. Probablement parce que ma mère m’avait décrit les règles comme quelque chose de tout à fait normal et que c’était un pas, un signe que mon corps changeait, mais qu’il allait bien aussi 🙂
    Merci à toutes d’avoir témoigné, et à toi d’avoir réalisé ces interviews !

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  4. Enfin un article ou on ne diabolise pas les règles! Pour ma part mes règles ont mis sérieusement ma vie en danger quand j’étais plus jeune ( de part des facteurs médicaux annexe disons), j’ai donc été mise sous pilule très tôt, il y’a trois ans j’ai décider d’arrêter la pilule ne supportant plus tout les effets secondaires qu’elle occasionnait (prise de poids, poitrine tendue…)…. Et depuis je revis, je suis plus à l’écoute de mon corps, mes règles sont très régulières, je « sens » quand elle vont arriver ( merci les sautes d’humeurs et les fringales) du coup quand elles sont là je suis sereine , un nouveau cycle commence. Je les accueilles avec bienveillance et ça change tout dans la manière de les vivres.
    J’en profite aussi pour me faire plaisir, manger ce paquet de chips que je n’aurais pas manger si je ne les avais pas eu, me mettre en pyjama direct en rentrant, plein de petites choses pour me sentir plus confortable, c’est le moment du mois qui me donne l’occasion de me chouchouter et ça fait du bien =)
    Merci pour cet article =)

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  5. Mes premières menstruations, je les ai eu vers 13-14 ans. Je ne comprenais pas trop ce qui se passait, mais je n’avais pas mal, et je me sentais bien, c’est comme si c’était le cours normal des choses. En rentrant chez moi, j’en ai parlé avec ma mère, très alaise sur le sujet, qui m’a expliqué les choses. Elles ont pas toujours été très régulières, mais les avoir ne m’empêchait pas de m’amuser, sortir, allez à la piscine ou autre. La perte d’une amie et le stress des examens les ont rendues irrégulières. En allant consulter un médecin, celui çi m’a expliqué que certain chocs psychologiques pouvaient désorganiser notre corps mais de ne pas m’inquiéter, tout reviendrait à la normal avec le temps. La pilule aurait pu arranger ça, mais ma mère n’était pas trop pour les hormones puis pourquoi la prendre si tu es célibataire? donc on s’est offert du temps. Ce médecin avait bien raison. À 24 ans j’ai subi un viol… Quelques jours plus tard elles ont montré leur bout du nez, quelle joie, la certitude de ne pas porter d’être issus de cet évènement. Mais ce fut la dernière fois pendant 5 ans… 5 dures années, de survi, isolement, difficulté, peine….Puis elles ont réapparu à ma grande surprise mais aussi ma grande joie, suite à une courte et intense relation amoureuse, ou j’ai réappris à aimer, faire confiance, apprécier le bonheur, la sensualité et la douceur des relations sexuelles. Chaque mois elles sont là, à ma grande surprise et mon grand bonheur. J’ai commencé a avoir mal au ventre mais voir que je les ai signifie pour moi que je suis en accord avec mon corps, que j’ai accepté et que je vis avec mon vécu, elle me certifie aussi que je n’attends pas d’enfant, quelque chose pour laquelle je me sens pas prête… Avoir mes règles est une fierté pour moi.

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  6. Le titre de cet article m’a fait dresser l’oreille, parce qu’effectivement c’est une approche assez rare des règles et j’étais contente de pouvoir lire des témoignages de filles qui, comme moi, apprécient cette période. Mais après lecture, en fait, j’ai toujours autant l’impression d’être seule dans mon cas ^^

    Pour ma part, j’aime mes règles tout simplement parce que c’est un moment physiquement agréable. J’ai énormément de chance, je le sais, car j’ai très rarement mal pendant – et si c’est le cas, c’est court et très supportable – et mon flux est léger. Par contre, j’ai un vrai pic d’énergie et de bien-être à ce moment-là. Je me sens bien dans mon corps, « nettoyée » comme le disait l’un des témoignages, solide et vivante. Et cerise sur le gâteau, ma période pré-menstruelle est un tel enfer (agressivité, déprime, épuisement…) qu’au moment où mes règles coulent enfin… c’est un peu la fête.

    Ça n’est pas l’aspect symbolique que j’apprécie : je ne veux pas d’enfants, ma famille a traité le truc très simplement et pragmatiquement, je les ai eues à un âge on ne peut plus banal. J’aime mes règles parce qu’elles sont faciles à vivre et que c’est le moment le plus plaisant de mon cycle. Et j’aime bien l’odeur, aussi.

    Du coup, je me sens toujours un peu seule dans mon cas, à aimer mes règles non pas « malgré » mais juste parce que c’est agréable. Et c’est aussi un sujet sur lequel je me joins assez peu aux conversations, alors qu’il m’intéresse énormément, parce que c’est une telle souffrance pour tellement de femmes que je préfère glisser rapidement sur le fait que pour moi c’est assez chouette.

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    • Hello Skya,

      Je comprends que tu puisses craindre de choquer des femmes pour lesquelles les règles sont une souffrance. Mais j’ai remarqué autour de moi que parler du fait d’être heureuse d’avoir ses règles avait aidé certaines amies. C’était pour elles une première prise de conscience du fait qu’on pouvait percevoir ses règles autrement. Réaliser que tout le monde n’a pas super mal, ça permet de se dire « Mais pourquoi moi alors ? » et de chercher des solutions alors qu’on n’y avait pas pensé plus tôt.
      Je trouve ton témoignage très intéressant et je pense que ça vaut le coup que d’autres l’entendent 🙂

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      • Je suis d’accord, j’ai toujours mal vécu mes règles car elles me font souffrir et je suis surprise de voir toutes ces femmes qui les aimes et ça fait un bien fou..

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  7. J’adore ces témoignages, merci ❤

    Après plus de 10 ans à considérer qu'elles étaient plutôt une nuisance, l'amour de mes règles est venu tout seul… sur un mode limite mystique. En parallèle d'une thérapie pour remédier à un désamour de moi-même, j'ai lu ce bouquin qui s'appelle "La Femme lunaire" et il a occasionné chez moi un changement complet de paradigme. Maintenant, je les vis comme la manifestation super puissante du féminin en moi. Et putain, trouver ce féminin, l'accepter, comme un truc puissant et pas cette mascarade de féminité qu'on nous vend un peu partout, ça a été un gros morceau.

    D'ailleurs je trouve ça hyper intéressant au final que pas tant de femmes que ça choisissent d'enchainer les plaquettes de pilules. J'y vois l'ambivalence du rapport qu'on a avec nos règles et, peut-être, plus généralement, notre identité de femme. Genre, ça m'énerve mais ça me rassure, ça fait partie de moi, je ne peux pas / veux pas abandonner ça.

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  8. […] C’est ma façon de vivre mes règles. Non, mieux encore : c’est une des façons dont je vis mes règles. Parce que rien n’est immuable, que je suis humaine et en constante évolution, que des milliards de paramètres viennent se mêler à tout ça et que je ne suis pas une putain de machine. Et à chaque fois que je poste des tweets dans ce genre, vous êtes nombreux-ses à faver, retweeter, et à vous reconnaître dans mes propos – parce que, globalement, les règles ne sont jamais totalement une partie de plaisir, même si on apprend à les aimer. […]

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  9. Bonjour,

    Je suis heureuse d’avoir trouvé votre site. O combien intéressant et je peux dire que j’ai détesté mes règles au début : très abondantes et douloureuses au point de me faire vomir et surtout arrivées bien trop tôt avant mon entrée en sixième. Le médecin de l’époque disait que c’était normal d’avoir mal et j’avais trop honte d’avouer avoir mes règles à mes profs. Un jour le gynéco de ma mère, ils parlaient de moi, lui a donné un médicament pour m’aider : ça a changé ma vie. J’ai alors apprécié mes règles car j’étais en pleine forme le second jour… à déplacer des montages. Puis après mes grossesses de nouveaux des difficultés : pas de douleurs mais des mycoses tous les mois accompagnées de sècheresse. Mon médecin traitant ne m’a rien proposé que des médicaments symptomatiques sans chercher la cause. Et une amie m’a proposé la coupe : plus de sècheresse, plus de mycoses. J’ai aussi changé de protège slip et c’est le top. Le dernier truc en date qui me fait encore plus aimer les règles : l’huile essentielle de géranium rosat qui me permet de réduire le flux quand celui-ci devient vraiment trop important (vidage de moon cup grand format toute les 2h). Par contre, j’ai la chance de ne pas avoir de mauvaise surprise avec mes règles : elles sont réglées comme du papier à musique et mettent une journée à se déclarer complétement soit suffisamment pour que je puisse rentrer chez moi et ne pas me trouver dans une situation embarrassante.

    Bon courage à celle qui sont toujours dans l’attente de la solution qui lui convient. Persévérez et n’hésitez pas à en parler aux copines, qui sait si l’une d’entre elle n’a pas le petite truc qui vous manquait.

    Merci encore pour ce site !

    Marie

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  10. Eh bien moi je les déteste toujours autant. Je trouve ça super d’avoir un article comme ça mais en même temps je me dis que je n’ai pas à me forcer à les aimer parce que c’est naturel et blablabla… (ce qui a tendance à être oublié j’ai l’impression…)

    Sans parler de tabou les règles qui n’entre pas en ligne de compte je pense…
    1) elles me font atrocement mal physiquement. J’ai tout le bas du dos qui tire, j’ai mal au ventre, la position assise devient une torture, même avec les médicaments prescrits par le docteur (qui sont plus fort que le docteur). 2) Je dors très mal car j’ai toujours peur de tacher mes draps, mon matelas. Elles sont très abondantes, les dégats sont souvent irrécupérables, n’en déplaise aux produits lavant etc. Et c’est chiant d’avoir des draps tachés, d’avoir des matelas tachés. Encore plus quand je suis chez les autres (même si personne ne m’a jamais rien reproché quand c’est arrivé. C’est juste nulle d’abîmer les affaires des autres.) 3) J’ai horreur de les sentir couler (je pense que c’est lié à la peur de tâcher cela dit) 4) aucune méthode ne me convient vraiment. Je n’accroche pas à la cup, les tampons me permettent de les oublier mais ça m’énerve de les changer chaque fois que je vais au toilettes et ça finis par me faire mal donc je suis obliger d’alterner avec les serviettes qui peu importe la marque, laisse toujours des fuites (rappel abondantes + je porte surtout des boxer et elles ne sont pas adaptés à ce genre de sous-vêtement, du moins pas dans le supermarché du coin où je vais faire mes courses…) 5) Elles me donnent des boutons partout, qui en plus de ne pas être esthétiques (car on a pas forcément envie de ressembler à un clafouti même sans être une fashion victime) finissent par me faire mal parce que certains débarquent à des endroits sensibles/improbables. 6) Je suis pas désagréable pendant mes règles mais je suis super excitée et mon copain fait la grève car il n’aime pas le sang donc c’est l’abstinence (et je précise que mon copain est très compréhensif, adorable et féministe, donc quand il m’explique que ça le refroidit vraiment tôt je ne peux pas lui en vouloir ou l’obliger..), donc je suis toujours super frustrée sexuellement pendant. 7) J’ai tendance à beaucoup saigner du nez donc quand j’ai mes règles en plus je suis au bord de l’anémie et je me sens raplapla comme tout. 8) Je les déteste parce qu’elles m’empêchent de donner mon sang aussi souvent que mon chéri et que je trouve ça injuste. 9) En plus elles sont plutôt irrégulières donc elles me tombent toujours dessus à l’improviste (même si j’ai rarement d’accident parce que ça me fait assez mal pour prévenir)

    La seule chose que « j’aimais » chez mes règles c’était leur signification = « YEAH je ne suis pas enceinte! » mais depuis que j’ai un stérilet je suis rassurée sur ce point et donc je ne vois pas du tout leur intérêt, j’ai juste l’impression qu’elles sont là pour m’enquiquiner. Et pour le côté « purification » je n’arrive pas à les voir comme ça… Parce que je trouve le sang sale en général (qu’il vienne de mon uterus ou d’une blessure quelconque ou de mon nez hein…), d’autant plus qu’il est loin d’être tout jolie tout beau tout fluide. Mes règles c’est un vin tourné avec des grumeaux yeay. Et puis parce que pour purifier mon corps je fais d’autres choses : sport, journée pomme et banane pour les oxydes etc.

    Pour autant, ben elles sont là, on peut y faire, alors je préfère les ignorer et tenter de vivre le plus normalement possible en faisant quelques aménagement (une petite serviette sur le lit, des habits amples/sombres, essayer de faire plutôt des activités debout/allongés si possibles etc.)
    Je pense que je n’ai pas envie de les aimer tout simplement.

    Voilà pour mon témoignage. Je trouvais que ça manquait ici, quelqu’un qui n’est pas ami-ami avec ses règles sans pour autant les trouver diabolique. C’est juste un truc pas cool du corps humain mais utile comme les crotte de nez en fait. #poésie.

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  11. C’est rigolo tous ces commentaires, ça montre à quel point nos ressentis sont différents. Personnellement, après avoir subi un avortement parce que mon stérilet s’est fait la malle et que je n’ai rien senti, et malgré le fait que je reprenne la pilule, à chaque mois, la seule raison pour laquelle je suis contente de les voir arriver, c’est parce qu’elles m’annoncent que je ne suis pas enceinte. Oui, l’angoisse reste, même en faisant bien attention avec la pilule. Et refroidie par le stérilet, même si j’en ai marre d’empoisonner mon corps avec des hormones, je ne me vois pas passer à une méthode 100% naturelle. Trop la trouille.

    Sinon, elles me laissent indifférentes. En tous cas maintenant. Ce n’était pas le cas quand j’étais ado. C’était même la honte de devoir aller aux toilettes pour changer de serviettes, et de produire ce bruit de scratch caractéristique du papier protecteur qu’on enlève, en criant bien fort à sa copine qui gardait la porte « mais oui, tu verras, le contrôle de français va être super facile » pour essayer de couvrir le bruit de « la couche culotte ».

    Maintenant, avec la coupe, ça change quand même bien les choses. Les serviettes, c’est vraiment la galère. ça ne colle pas bien, c’est moite en permanence, surtout en été, ça en fout partout, et je me sentais sale tout le temps quand j’en portais. Les tampons je déteste, avec le sport que je pratique ça bougeait tout le temps et ça me faisait un mal de chien. Maintenant, le seul inconvénient de la coupe, c’est qu’elle bouge quand je fais du pilates. Du coup, pas de pilates pendant les règles 🙂

    J’ai été aussi super étonnée de constater qu’en fait, ce qui les fait sentir, c’est bien de macérer dans du coton ou dans des serviettes. Les règles NE SENTENT PAS, ou en tous cas, ne puent pas, quand on utilise une coupe. Les miennes sentent l’oxyde de fer, elles sont rouge grenat, et s’accrochent partout.

    J’en parle très librement, sans tabou. Ma mère n’a jamais diabolisé les règles et m’a tout expliqué quand j’étais enfant. Donc pas de souci quand elles ont débarqué pour la première fois, même si j’ai trouvé ça impressionnant et que par chance, c’étaient les vacances et j’étais chez moi.

    En revanche, je maintiens que l’adolescence est vraiment une période compliquée à ce moment-là. Si on ne sait pas mettre de tampons, c’est la galère. Il n’y a pas toujours de savon dans les toilettes des collèges ou des lycées, donc bonjour l’hygiène. Et bien sûr, le trophée revient aux poubelles absentes dans certains établissements…

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