Parlons menstrues avec… Diglee

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Maureen Wingrove, plus connue sous le pseudonyme de Diglee, 28 ans, est illustratrice-auteure depuis 2009.

Elle a d’abord dessiné et raconté sa vie quasi quotidiennement sur un blog BD ouvert en 2007 (alors qu’elle était encore étudiante à l’école Emile Cohl à Lyon) pour décompresser, et surtout s’exercer à la narration, en plus des cours classiques de son cursus.

En quelques années, ce blog a trouvé sa petite place et lui a permis de se faire remarquer des éditeurs : elle a trouvé son agent, Marie Bastille, a publié son blog sous forme papier chez Marabout en 2010 puis 2011, et a enchainé les commandes édition/pub/presse en free-lance en plus de l’écriture d’une bande dessinée « perso » par an, environ.

Elle a continué de faire vivre ce blog, même si le rythme a considérablement changé. Aujourd’hui elle s’en sert essentiellement pour réfléchir à son engagement féministe, à ses limites, ses formes, ses sources, et le partager avec ses lecteurs, en restant la plus légère et abordable possible.

Et aujourd’hui, elle répond à toutes mes questions concernant ses règles et la relation qu’elle entretient avec elle. (je monte bientôt ma secte, restez à l’écoute).

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Comment as-tu appris l’existence et le fonctionnement des règles ?

Je crois que ma mère a été particulièrement efficace sur le sujet : j’ai été baignée de divers livres d’ados explicatifs et colorés, qui m’expliquaient en des termes accessibles le fonctionnement de mon corps. J’ai su assez vite de quoi il s’agissait, et elle m’avait prévenue que je ne devais pas m’inquiéter. Que ça allait arriver, et que c’était « normal ».

Quand tu as eu tes règles, comment tes proches ont-ils réagi ?

Puisque bien renseignée, donc, je n’ai pas été choquée ni terrorisée, même si j’étais encore un Pokemon : j’ai été réglée à neuf ans et demi… 
J’étais en sixième, en cours de sport (endurance, on devait courir autour d’un stade), et un mal de ventre abominable m’a terrassée. En rentrant me changer, j’ai douté un instant, j’ai dû chouiner quelques secondes, et l’annoncer à ma mère le soir, un peu interdite.

Étrangement, je ne me souviens absolument pas de l’annonce en tant que telle. Ça devait être assez doux, et banalisé : en tout cas je ne me souviens d’aucun cri de joie intrusif, gifle (comme le voudrait la tradition) ou moqueries.
 Ce dont je me souviens, c’est l’avoir annoncé illico à ma BFF le soir par téléphone.
 Le lendemain matin, elle avait les siennes. 
C’est beau, l’amitié fusionnelle.

En revanche, c’était un peu plus craignos/gênant quand j’allais le week end chez mon père. J’avais extrêmement honte de demander à acheter des serviettes périodiques, et je tâchais souvent mon lit, la nuit, la faute à un cycle super irrégulier. Ces petits moments me paraissaient extrêmement humiliants : j’avais pourtant une famille assez ouverte, et on ne m’a jamais dit de me cacher.

Mais le fait que mon sexe, mon corps, se mettent à exister si « fort », en laissant des traces, en étant « voyants »… c’était trop, je crois. Surtout à un âge où j’aurais aimé être discrète, rester dans l’enfance et surtout ne pas sortir du lot. 
Je pense que les avoir eues si jeune, dans mon cas, a beaucoup joué.

Heureusement, j’avais un an d’avance, donc j’étais au collège, et non en CM2. Mais cela restait tôt pour être réglée (et avoir le package complet : poils, taille, hanches, règles) : la plupart de mes amies alors étaient imberbes et non-réglées. J’en garde un souvenir un peu… encombrant. On n’aime jamais être hors-norme, à la puberté.
Mais heureusement, la BFF étant toujours là, on a pu partager ça en même temps : c’était ultra rassurant.

Est-ce que l’arrivée de tes règles t’a fait changer de regard sur ton corps ?

Ben, j’avais toujours lu que l’arrivée des règles signait la fin de la croissance, notamment celle des seins (vaste sujet obsessionnel de ma pré-adolescence). 
J’ai prié, prié pour que la science se trompe… Mais elle avait raison. 
J’ai dû me faire une raison et accepter qu’ils ne grossiraient jamais (puis espoir bis avec les rumeurs liées à la pilule) (et puis non).

Sans ça, je crois que ça m’a transmis surtout une sorte de… de gêne globale, au départ. Je ne me détestais pas forcément plus, mais je me souviens que chaque objet lié aux règles me mettait dans un profond malaise. Je pensais que cela « dégoûterait » les autres, notamment les garçons, vaste obsession (bis) de mon adolescence. 
Croyance avérée.

À quel moment as-tu compris que c’était tabou et comment ça t’a affectée personnellement ?

Je me souviens qu’au collège, assez vite (5ème, surtout), tout ce qui avait un rapport avec les règles était un sujet hilarant et propre à être moqué. Les garçons trouvaient ça dégueulasse, (« Baaaah elle a ses règles ! » était une insulte classique), se moquaient beaucoup et s’en servaient facilement pour humilier. 
Très vite, j’ai acquis le réflexe de le taire à tout prix.

Je me souviens d’une fin de journée en 4ème, pendant laquelle j’ai été victime d’une fuite (j’m’en rappelle comme si c’était hier : c’était en cours de latin, donc en classe mélangée en plus, pas JUSTE ma classe). Je me suis levée à la fin du cours, et j’ai constaté que ma chaise était tachée de sang. Je vous laisse donc imaginer l’état des fesses de mon jean… 
J’aurais voulu me téléporter chez moi.

Au lieu de ça, après avoir « sécurisé la zone » aux WC, j’ai noué honteusement ma veste à ma taille, les joues brûlantes de larmes de honte, et suis rentrée avec le bus scolaire, en t-shirt du coup, frigorifiée, mais avec mon secret bien gardé. 
Je crois que j’ai même lavé ma culotte à la main, tellement le fait de l’avoir tâché me faisait honte. Je ne voulais surtout pas que ma mère la voie.

C’est fou quand même cette idée de « souillure ». 
Comme si c’était « sale », et à cacher. Alors que quelqu’un qui saignait du nez en classe ne gênait personne. Il y avait un sang sale, et un sang propre.
 J’ai bien compris malgré moi que ce qui rendait ce sang sale, c’était qu’il sortait de notre sexe. De notre sexe de FEMME.

Aujourd’hui, comment vois-tu tes règles (par rapport à toi, ton rapport au corps, tes proches, ta vie sexuelle, la société, etc) ?

Aujourd’hui je suis à l’aise avec elles : ce n’est plus quelque chose qui me gêne. 
Mais c’est récent : je me souviens d’une ITW que j’avais donnée en direct à la radio il y a trois ou quatre ans. Ils n’avaient pas précisé le thème de l’émission, avant de m’appeler, et j’ai appris en direct que cela parlait des règles. Et je me suis sentie gênée, mal à l’aise, comme si le sujet était ridicule ou dégradant d’une quelconque façon. J’avais d’ailleurs pris la parole pour dire que non, en tant que femme auteure, je n’avais pas particulièrement envie de parler de mes règles.

J’avais dessiné seulement deux post à leur sujet sur mon blog, je crois, et tôt dans l’historique (au départ j’écrivais sans trop de tabou, puis plus j’ai été lue, plus j’ai eu peur…) : un dans lequel je racontais que je pensais avoir « perdu » un tampon en moi, et l’autre qui décrivait ironiquement le syndrome pré-menstruel. Et cela avait suscité des centaines de commentaires.

Un peu plus tard, Margaux Motin avait fait un post qui parlait de l’odeur d’un tampon plein. Et bon sang : (haha) (pardon) ça avait soulevé les foules ! Elle avait reçu un tsunami de commentaires, dont beaucoup outrés : c’était LE tabou suprême. Je me rappelle même m’être fait la réflexion « WOW ! Elle a OSÉ. »

C’est dire comme j’étais frileuse, avec ce sujet.
 Aujourd’hui ça ne me change absolument plus la vie, et j’ai beaucoup moins de mal à l’aborder : je suis une grande fan de Petra Collins, une des premières photographes de la génération Y que j’ai connue à mettre en scène des filles badass et sublimes, avec leur sang menstruel. Elle m’a beaucoup aidée à tolérer (parce qu’il s’agissait bien d’intolérance) ce phénomène, et à le dédramatiser.

Je pense que cette ITW, ici, sur Passion Menstrues, j’aurais peut être pu la décliner il y a quelques années, de peur d’être ridicule.

 Je crois même que quand tu as lancé ton blog, une part de moi a salué ton courage. 
Comme quoi ce n’est pas encore acquis à 100%, même à 28 ans…

Et physiquement, ça se passe comment ?

Mes premières règles étaient eeeeeeeextrêmement douloureuses : elles me faisaient tomber dans les pommes, vomir, ou être immobilisée au lit le premier jour, voir le deuxième. Un vrai carnage. C’était top pour sauter le cours de sport, mais moins pour partir en vacances. Combien de journées j’ai pu passer à l’hôtel, à lire avec une bouillotte sur le ventre, pendant que ma petite famille allait visiter des spots touristiques… 
Aujourd’hui, je suis sous contraception, et mes règles sont beaucoup plus vivables. Donc je n’ai pas de douleurs atroces, à part certains cycles : mais un bon Antadys et c’est reparti.

Je ne peux pas dire que ce soit ni un problème ni quelque chose que je considère intensément. Elles sont là. Et c’est tout.

portrait briques

Qu’est-ce que tu utilises comme protections hygiéniques et qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

J’ai porté beaucoup de tampons, longtemps, exclusivement.
 Aujourd’hui, j’utilise essentiellement des serviettes et protège-slips.
Là aussi, gros tabou : dans les pub/séries/films, les femmes utilisent TOUJOURS des tampons.
 Plus classe, plus discret, plus « propre » dans l’inconscient collectif. 
J’ai entendu énormément de femmes entre elles dénigrer les serviettes, dire que c’est dégueulasse, allant jusqu’au « aaah mon Dieu, ça me dégoûte ».

Moi de 1) : mon sang ne me dégoûte pas, et de 2) coucou ! ça se CHANGE. Et souvent. 

En plus de raisons plus « intimes » qui m’empêchent de trop porter de tampons aujourd’hui, la raison principale est que j’ai pour contraception un Nuvaring (anneau placé dans le vagin) : même si les deux sont compatibles sur le papier, me mettre un anneau PLUS un tampon, ça ne m’emballe pas des masses. J’ai vite une sensation d’inconfort.

J’ai évidemment pensé à passer à la mooncup, mais même problème : comme il y a quelques jours de décalage entre la remise de l’anneau et la fin des règles, je me vois mal avec un anneau + une mooncup dans le fri-fri… 
Ça commence à faire du monde.

Ton choix de contraception a-t-il un rapport direct avec tes règles ? Si oui, pourquoi ?

En un sens, oui, car ma contraception atténue les douleurs et la durée de mes règles.
 On m’a déjà dit « ouiiiii, mais c’était les premières règles, aujourd’hui tu n’aurais plus aussi mal », j’ai malheureusement eu des périodes sans contraception et je suis de la team « règles de bâtard » : plus de dix jours, douleurs, ventre lourd, nausées, seins ultra douloureux (donc inexistants MAIS douloureux, vous suivez ?)…

Alors pour le moment, ma contraception me permet d’être tranquille à ce niveau là. Et c’est la première qui ne me donne pas de sensation d’effets secondaires. 
J’ai eu beaucoup de mal avec les différentes pilules mini dosées que j’ai testées pendant des années (problèmes de libido, sautes d’humeur etc.) : là je me sens bien, et ça me va bien moi qui suis une étourdie-maladive de le laisser en place pendant tout le cycle.

As-tu des rapports sexuels pendant tes règles, et si non, pourquoi ?

Tant que je n’ai pas de douleurs, je n’ai absolument aucun problème pour faire l’amour pendant mes règles. Au contraire, je me sens même plutôt excitée à cette période de mon cycle, et c’est souvent de chouettes moments. Je n’ai jamais eu de partenaire que cela gênait, donc ça n’a jamais été un sujet de honte ou de discorde. Il y a eu parfois quelques moues boudeuses ou hésitantes, mais en fin de compte, quand on a envie, on a envie. Puis au pire, il y a toujours la douche : pas salissant pour les maniaques. 😉

Au quotidien, est-ce que tu essayes de cacher tes règles au maximum (en utilisant des euphémismes pour en parler, en planquant tes tampons, etc par exemple) ou est-ce qu’au contraire tu en parles le plus librement possible ? Pourquoi ?

(tu vois, toi-même tu précises uniquement « tampons », héhé) (#libérezlaserviette) (pardon)

Jadis, beaucoup : on avait aussi créé avec ma BFF, comme miiiiille adolescentes gênées à travers le monde, un nom de code safe pour en parler librement au collège.
 Il y a encore quelques années, j’étais livide quand je sortais un truc de mon sac et qu’apparaissait un bout de serviette ou tampon.

 Je me rappelle de cette fois à Disneyland Paris où je me suis fait contrôler mon sac pour entrer dans le parc.

J’étais en plein 1er jour de règles sans contraception, autant dire que mon sac était BLINDÉ d’emballages mauves et jaune flashy. Le vigile l’a ouvert, et à la vue de cette explosion de protège-slip mutlicolores, il l’a lâché avec un mouvement de répulsion (je dirais presque de peur).
 Je me suis dit que 1) c’était vraiment naze, à quarante berges, d’avoir peur de simples serviettes, 
et 2) que c’était quand même une super idée pour planquer n’importe quoi dans un sac.

Aujourd’hui, je m’en balance pas mal. 
Mes serviettes ou tampons ne sont pas nécessairement « cachés » chez moi, et je n’ai plus à user de langage fleuri pour en parler. Parce qu’en fait, je n’en parle pas tellement finalement… si ce n’est pour réaliser que, comme le veut le bon vieux mythe, mes potes et moi on les a toutes en même temps, ou encore pour lâchement excuser une crise de colère ingérable en blâmant les règles (qui, sous pilule, ne me font subir aucun SPM, MAIS BON) (chut).

Quels changements tu aimerais voir à l’avenir dans les discussions qui tournent autour des règles, et plus globalement de l’utérus, du vagin, et de tout ce qui va avec ?

J’aimerais bien que cette idée de laideur associée au sexe féminin disparaisse. On voit des bites dessinées partout, tout le temps, mais la chatte reste un vaste tabou. J’ai une copine qui a un tote bag avec des vulves stylisées, ultra simplistes : certaines personnes n’ont même pas reconnu de quoi il s’agissait.
 J’aime bien tous les projets autour de la sexualité « féminine » et du sexe féminin en général : c’est encore un monde ultra flou et relativement caché.

J’ai eu beaucoup d’amies qui se sentaient complexées par leur sexe, qui ne le regardaient jamais, ne le trouvaient pas beau : ça brimait énormément leur sexualité, leur plaisir. 
C’est un vrai fléau. 
Je pense que démocratiser les représentations de la vulve, c’est bon pour notre développement personnel (même si j’avoue, j’ai du mal avec ce mot : deux « v » dans un mot de 5 lettres c’était quand même salaud) (mais graphiquement, le « v » a une forme de chatte… donc en un sens, c’est p’t’être une bonne chose).

Que l’on soit sexuelle ou non, c’est dommage d’avoir honte de notre corps parce que la société a décidé que c’était laid ou à cacher.

Merci à Maureen d’avoir bien voulu contribuer à ma série d’interviews (et d’avoir pris la peine de me faire un super dessin pour l’occasion), la prochaine arrive bientôt, et en attendant vous pouvez aller faire un petit tour sur son blog !

 

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24 réflexions sur “Parlons menstrues avec… Diglee

  1. Coucou Diglee ! Je te suis depuis un moment, tout comme toi Jack ! Chouette interview 🙂 De mon coté j’ai un anneau et j’utilise la mooncup. Je ne comprends pas ton idée de jours qui se chevauchent avec les 2 dispositifs dans le vagin… Tu enlèves justement l’anneau, pour que les règles soient déclenchées, alors je suis étonnée :/ Et sincèrement, la cup m’a changé la vie ! ou alors tu remets l’anneau avant la fin de tes règles ?

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    • Quand j’avais Nuvaring, la fin des règles correspondaient toujours au moment où je devais remettre l’anneau (J+7 après l’avoir enlevé, mais pas forcément après la fin des règles). De fait, je mettais l’anneau et la cup, c’est quelque peu encombrant. Mais ça me posait pas de problème de mon coté.

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  2. J’ai beaucoup aimé cet interview 😊 Je fais aussi partie de la Team #reglesdebatard du coup je suis passée à la Cup qui ne me donnait plus l’impression de devoir me « changer » comme un nourrisson toute les deux heures et puis bien plus économique et safe soit dit en passant. Un peu plus tard je suis passée à l’implant car oui je suis tête-en-l’air et puis j’en avais marre de douiller 10 à 15 jours par mois, 1 an qu’il squatte mon bras, aucun problème. Bon après le sang, c’est là, ok, un chouillat relou, parce que pisser le sang peux ne pas être qu’une expression par moment, mais quand on trouve ce qui nous convient ça passe crème 😉.
    Diglee je t’adore 😽

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  3. Bonjour, bonjour,

    Je débarque sur ce blog grâce au lien de Diglee sur son FB et je trouve cette interview très intéressante.
    Faisant partie des jeunes filles réglées tôt (9 ans aussi mais j’étais encore au primaire) je me reconnais totalement dans le sentiment de honte qu’elles représentent.
    Le coup de la chaise en sang, les journées au lit, les cycles pourris je connais. Sans parler des mycoses à cause des tampons…
    Mais le pire c’était en sixième quand j’étais allée dormir chez une camarade de classe et que j’ai tâché drap, alèse et matelas. J’ai appelé ma mère en pleurant pour qu’elle vienne me chercher et qu’elle rachète un matelas à ma copine. Bien entendu sa maman avait refusé et avait été vraiment très douce en me disant que je n’y étais pour rien.
    Merci de banaliser ce sujet qui n’a rien de tabou !!
    Bon weekend à vous 🙂

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  4. super de voir la bouille de Diglee et extra cet ITW. Je ne connais pas cet anneau contraceptif je vais me renseigner…Mon ostéopathe m’a dit qu’il n’était pas normal d’avoir mal pendant ses règles…une histoire d’os et d’organes pas à leur place ou un truc comme ça…

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    • Il y a ressentir un inconfort ,se sentir gonflée et avoir mal.
      Mal a tomber dans les vapes, a avoir des sueurs froides, a devenir blanche , non ce n est pas normal.

      Ayant de l endométriose, je le crie sur tous les toits : Non ce n est pas normal!

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  5. Team précoce aussi (CM2), par contre pour ma part je n’avais jamais été informée de ce qu’était les règles et que ça allait m’arriver. Du coup quand aux toilettes (heureusement chez moi), j’ai vu du sang plein la culotte, j’ai cru que j’allais mourir. Heureusement maman a immédiatement pris les choses en main, rassuré, expliqué. Par la suite, les règles m’ont donné un sentiment de puissance (tout comme les poils d’ailleurs, c’est marrant, enfin eux c’était surtout au début). J’étais la première de ma classe, et il fallait que je m’épile les jambes aussi, JE SUIS UNE GRANDE C’EST LA CLASSE (en gros). Au collège je n’ai jamais été gênée par mes règles (je fais partie des veinardes, quand accident il y a eu, ça ne faisait que taché la culotte, et j’avais un tout petit peu mal, mais pas trop). Quand j’étais dispensé de sport à cause de ça, je le disais « et ouais j’ai mes règles je peux pas », sans utilisé de métaphore, que ce soit devant mes camarades ou le vieux crouton de prof de sport (rienafoutre mouahahaha).
    Par rapport aux garçons, soit j’ai eu de la chance, soit je ne captais rien du tout car je n’ai jamais entendu moquerie par rapport aux règles (que ce soit vis à vis de moi ou de mes copines). Pas de complexe non plus si quelqu’un voyait mes protections périodiques dans mon sac.
    Les poils par contre c’est autre chose :p

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  6. Je suis tombée sur ce blog grâce à Diglee, et je trouve admirable ce désir de rendre les règles moins taboues. Même chez mon homme, ça provoque toujours un sentiment de gêne, alors qu’à part ça, il n’est pas du genre à faire de chichis.
    Bon, et puis j’ai aussi mes règles en ce moment même, alors je pense que ça tombe à point nommé, haha :p

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  7. Waaah! C’est fascinant ce mouvement de « libération des règles » et « libérations des tabous sur la femme » qui participent, en gros, à la libération de la femme (OUI je fais d’énormes raccourcis, mais je pense que vous comprenez l’idée). Je vous suis toutes les deux depuis pas mal de temps, et l’idée de Jack Parker de faire ce blog est pas mal, ça permet de voir des gens parler de choses dont on ne parle qu’en cercle très, très privé. Et les anecdotes de fuites adolescentes sont toujours drôles (désolée). BREF je vous adore, alors je vous fais des bisous 😀

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  8. Dans nos réunions féministes non mixtes d’un autre temps nous nous étions acheté chacune un speculum et découvrions notre vagin en groupe avec un miroir…
    Et (re)lire Françoise d’Eaubonne « le Satellite de l’Amande » pionnière de l’écoféminisme qu’on appellait à l’époque féminisme-fiction.

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  9. #reglesdebatard SVP les filles la douleur est un indicateur pas la normalité alors svp vu qu il y a de fortes chances que vous ayez une endometriose si vous avez des regles douloureuses. Jetez un oeil sur les specialistes recommandés par les association de malades souffrant d endometriose. Je suis passée plusieurs fois a cote du diagnostic pour ma part alors qu i letait evident mais juste parce que les personnes ne savaient pas lire les echographies… Ne perdez pas de temps allez directement voir un specialiste 😉

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    • Totalement d accord ! Pour ma part 10ans d attente avant diagnostique car pas mal sous pilule! Et rien aux échographies!
      Les filles, non vous n êtes pas douillettes!!

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  10. Je pense qu’on est en bonne voie pour ce qui est du tabou des règles. Je travaille avec des adolescentes et jeunes adultes, peut être qu’il y a une sorte d’intimité qui s’est installée entre nous (je suis maîtresse d’internat) mais ces filles, pour la plus part, n’hésitent pas à me dire qu’elles ont leurs règles et n’utilisent pas de détours pour en parler et je suis assez contente de constater ça, d’ailleurs les plus jeunes n’ont aucune honte à faire des « trucs de mecs », elles assument parfaitement tout ce qui peut provenir de leurs corps, rots, pets etc, et ça même devant les mecs de l’internat. J’avoue être assez impressionnée par ces gamines d’une quinzaine d’années qui s’assument autant même si cela reste dans « l’intimité » d’un Internat.

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  11. Interview très intéressante, j’avais déjà entendu parler de ce blog mais ce n’est que par le biais de Diglee que je le découvre aujourd’hui. Je trouve cette initiative admirable, il FAUT banaliser ce sujet qui, je pense, fait encore trop de mal à certaines adolescentes.

    Pour anecdote personnelle, je me souviens qu’au collège une fille s’était faite dispensée de sport parce qu’elle avait ses règles et donc des maux de ventres visiblement insupportable. Lorsque LA prof de sport, constatant que cette jeune fille n’avait aucune blessure visible, elle l’a questionnée sur le motif de sa dispense (ce que je trouve déjà largement moyen). Et quand cette fille lui a répondu, avec toute la gêne qu’elle éprouvait à rendre ça public, que c’était à cause de ses règles, lA prof de sport s’est énervée ! Elle a fait spitch d’au moins 10 minutes, devant toute la classe pour expliquer que c’était inadmissible de se faire dispenser pour ça, que ce n’était qu’un prétexte pour ne pas faire sport, et que les athlètes professionnelles ne prenaient pas 5 jours de congès par mois… De la part d’une femme, je trouve que ça fait un peu mal. Elle a donc anoncé qu’à partir de ce jour, toute dispense pour ce motif serait irrecevable parce que « ça fait quand même pas si mal que ça, et si ça saigne beaucoup il suffit de mettre un tampon »…

    Voilà comment on fait passer certaines jeunes filles, qui ont pourtant vraiment mal, pour des nunuches faiblardes.

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  12. Ben d’ailleurs cette histoire de planque, Reiser en avait fait une bédé, où une terroriste qui prenait l’avion avait caché ses armes (? je ne sais plus exactement) dans une maxi-boîte de tampons 5 gouttes, en expliquant à sa voisine de siège qu’on ne fouillait jamais ces trucs-là…

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  13. Perso j’avais lu une étude dans la presse qui disait que les protections pour les règles (serviettes ou tampons) contenaient de l’herbicide afin de blanchir au max le produit, ce qui aurait des conséquences néfastes sur les muqueuses. Ca fait froid dans le dos, mais à vérifier…

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  14. Super évolution en tout cas dans l’acceptation pour Diglee ! J’ai ado été la spécialiste des règles lorsque je ne dormais pas chez moi, le dimanche chez mon grand-père par exemple ou en voyage scolaire à NY sans avoir accès à mes valises et devoir me changer dans la chambre du prof.
    Il y a tellement d’histoires qui nous marquent et font rire après coup ! C’est une grande part de notre vie mine de rien…
    Un big up à mon petit frère qui m’apportait culottes et serviettes propres aux toilettes quand j’avais un accident 😊
    (Avec mon pseudo, on me demande régulièrement si je sais ce que cela signifie. Ce sont les ado qui sont le plus choqués en général)

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  15. Super interview. Je me pose juste une question par rapport à «l’excuse» des règles pour ne pas faire de sport. Est-ce une vraie impossibilité ou bien est-ce que c’est par facilité. Je trouve que c’est dommage que des filles s’empêchent de faire du sport à cause des règles.

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    • C’est une vraie difficulté : certaines filles ont des règles douloureuses, voire extrêmement douloureuses, qui empêchent de faire quoi que ce soit. C’est très handicapant. En revanche, de l’activité sportive peut aider les crampes légères lors des règles, il faut juste réussir à se motiver !

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