Menstruations et Contraceptifs : Lequel choisir pour quels effets ? #2

Saiko Candy, préparatrice en pharmacie, vous donne quelques conseils pour choisir votre contraception en vous détaillant tous leurs effets.
Klassisk feministisk bild

Saiko Candy est une préparatrice en pharmacie de 22 ans qui a eu l’extrême amabilité de me proposer une petite série d’article sur les différentes méthodes de contraception et leur effet sur les menstruations. Elle rêvait depuis toute petite de travailler dans la santé et a toujours eu un attrait certain pour les médicaments – ce qui lui a donné envie de devenir préparatrice. Elle vient juste d’obtenir son diplôme et elle aime tellement son métier qu’elle a décidé de partager son savoir avec nous, pour que les gens puissent choisir la méthode la plus adaptée à leurs besoins et leurs envies.

Voici donc le deuxième article sur les contraceptifs et leurs différents effets sur le corps et les règles ! (Vous avez raté la première partie ? Pas de panique, elle est là !)

✿✿✿✿✿

L’implant contraceptif

J’ai eu la chance (?) de pouvoir voir le mien après son retrait, et je vais vous dire : on dirait un gros vermicelle de riz bien cuit. Maximum un petit doigt de longueur. Rien de bien méchant.

L’implant s’insère sous la peau de votre bras (celui duquel vous écrivez pas) (c’est con pour les ambidextres du coup), reste en place deux à trois ans (en fonction de votre poids), et contient un progestatif de synthèse qui diffuse des hormones en continu dans votre corps.

Il est d’une efficacité contraceptive excellente (puisque c’est relativement difficile d’oublier de le prendre), présente tous les avantages de la pilule progestative, mais sans l’inconvénient de la prise quotidienne !

Choisissez de préférence un gynécologue chirurgien pour la pose (le médecin qui le pose le retirera), car le retrait s’effectue généralement au bloc ou dans un environnement très stérile pour éviter les contaminations. Et si votre généraliste veut se charger de la pose, assurez-vous avant qu’il acceptera de vous le retirer (ça peut paraître bête, mais j’ai déjà eu des témoignages de personnes ayant eu du mal à trouver un médecin pour le leur enlever. Ce sont des cas isolés, mais restez vigilant-e-s quand même !).

Les menstrues et l’implant :

Comme pour tous les progestatifs, les règles sont absentes ! Si de petits saignements apparaissent, ils seront irréguliers et très peu abondants.

Il est remboursé à 65% par la sécurité sociale, mais, coûtant une centaine d’euros, mieux vaut avoir une mutuelle !

Le dispositif intra-utérin (DIU, anciennement appelé stérilet)

Je dis bien « anciennement appelé stérilet », parce que le mot « stérilet » est plutôt flippant (comme si on allait devenir stérile après en avoir fait posé un… n’importe quoi !).

Le DIU fait un peu dans l’originalité, puisqu’il existe en deux versions : l’hormonal, et le cuivré (pour plus de « stayle » comme dirait Cristina).

Le DIU au cuivre (ou autres métaux plus rarement, il en existe au cuivre-argent, comme le Nova T®) provoque une inflammation locale de l’utérus, ce qui empêche toute nidation.
Le DIU hormonal est un progestatif, donc tout pareil que les pilules de même types, avec le bonus inflammation locale !

C’est un contraceptif dont l’efficacité est un peu en dessous de celle de la pilule (ça se joue à 0,9% environ, donc ça casse pas trois pattes à un canard), et qui peut également être utilisé en contraception d’urgence (on se comprend bien là hein, « utilisé en contraception d’urgence » ça veut pas dire qu’après le temps de dangerosité de grossesse on l’enlève…).

Le DIU reste en place entre cinq et dix ans (le moins longtemps pour les hormonaux, le plus longtemps pour les métalliques). Il fait environ la longueur de votre pouce (voire moins si vous avez des doigts de pianiste), a la forme d’un T, et l’épaisseur d’un spaghetti pas cuit. Rien de bien terrifiant, en somme, hein. A moins que vous ne soyez terrifié-e par les spaghettis, auquel cas je ne peux rien pour vous.

Si vous tombez sur un gynécologue vieux jeu, c’est possible qu’il vous dise que si vous n’avez pas eu d’enfant, il ne peut pas vous en poser : c’est ce qu’on appelle un gros MYTHO. Ne vous laissez pas avoir, c’est des conneries. Il peut aussi refuser de vous le poser, auquel cas c’est plus un mytho, c’est un vieux réac’ (c’est donc un autre problème), et il devient urgent que vous changiez de gynéco. A moins d’une contre-indication majeure (très pointues et il s’agit de cas rares), il n’y a pas de raison que vous ne en fassiez pas poser un si vous le voulez !

Les menstrues et le DIU :

Avec le DIU hormonal, pareil qu’avec les pilules progestatives : pas (ou très très peu) de règles ! (petites veinardes)
Avec le DIU au cuivre, il y a un risque que vos règles s’allongent, et soient un peu plus douloureuses : si vous avez déjà peu de règles, pas de souci vous ne verrez même pas de différence, mais pour les autres, attention !

Il est remboursé par la sécurité sociale à 65%, mais vu son prix (entre 90€ et 120€ selon le DIU), il vaut mieux avoir une bonne mutuelle en plus quand même !

Les progestatifs injectables

Beaucoup moins répandus de par les contraintes qu’ils entraînent, les progestatifs injectables sont une méthode contraceptive comme une autre (avec néanmoins le taux de protection le plus faible des contraceptions hormonales).

A intervalles réguliers, des doses sont injectées par une personne compétente (médecin, infirmière, sage-femme), et l’effet dure jusqu’à l’injection suivante.

Les menstrues et les injectables :

Les règles sont ici beaucoup plus aléatoires qu’avec les autres progestatifs, elles peuvent s’arrêter ou venir de temps en temps, mais les injections (une très forte dose à un instant T) rendent cet effet indésirable beaucoup plus aléatoire.

Les injections sont remboursées à 65% par la sécurité sociale.

Les autres méthodes

Il existe, bien évidemment, toutes les méthodes dites mécaniques de contraception : les préservatifs masculins et féminins, la cape cervicale, le diaphragme, les spermicides (utilisés en association avec la cape et avec le diaphragme), la stérilisation (attention, bien que théoriquement réversible, la ligature des trompes doit être considérée comme définitive, car le « retour en arrière » entraîne beaucoup de complications de santé, et une stérilité dans une majorité de cas).

La contraception reste quelque chose de super personnel, alors ne laissez jamais un médecin ou n’importe qui d’autre vous imposer un choix qui ne vous conviendrait pas !

✿✿✿✿✿

Merci à Saiko Candy pour cette contribution, et si ces sujets ciblés vous intéressent, sachez qu’elle nous prépare un autre petit article sur les médicaments anti-douleurs.

Et si vous êtes actuellement à la recherche d’un-e gynéco safe et ouvert-e d’esprit, allez donc faire un tour sur le site Gyn&co, qui répertorie tous les gynécos cool de France.

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16 réflexions sur “Menstruations et Contraceptifs : Lequel choisir pour quels effets ? #2

  1. Coucou ! C’est encore moi qui viens mettre mon grain de sel !
    Je ne suis pas d’accord quand tu dis que le DIU est moins efficace que la pilule. En fait, il faut différencier son efficacité théorique et son efficacité pratique. Le DIU est efficace à 99,2% en efficacité pratique, tandis que la pilule est seulement à 91% (99,7% en efficacité théorique, certes c’est plus que le DIU, mais c’est bien de la théorie hein ^^). Donc que les personnes intéressées par le DIU ne prennent pas peur, elles seront aussi bien protégées voire mieux !
    Par contre, en effet, j’ai noté une abondance plus importante pour mes règles avec le DIU, mais ça ne fait que trois mois que je l’ai, et ça peut carrément se calmer sur le long terme. Bon à savoir aussi !

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  2. Petite parenthèse perso sur le DIU cuivré : je suis peut-être une exception mais dans mon cas, en tant que personne « peu réglée » – 1 fois tous les 4/5 mois, pendant 2/3 jours, très léger – à partir du moment où le mien a été posé, ça n’a plus arrêté. En mode très abondant et qui durait 20j/mois… (yay) (et du coup, je saignais tellement que j’étais épuisée et on me l’a retiré au bout de 6 mois)

    (pour l’anecdote, j’ai effectivement consulté plusieurs médecins avant d’en trouver 1 qui accepte de me poser un DIU. La première médecin, m’avait conseillé, comme « bonne » méthode contraceptive, l’abstinence… Merci docteur.)

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  3. Il n’y a pas aussi, pour le DIU cuivré, une action spermicide des ions cuivre ? Il me semblait que c’était ça plutôt qu’une inflammation (puisqu’on peut sans problème prendre des anti-inflammatoires), combiné à la forme du dispositif qui prend toute la place, donc empêche la nidation. Bref, un truc badass, quoi (j’en ai un !). Et aussi peut-être préciser que la pince de Pozzi pour la pose d’un DIU n’est pas du tout obligatoire, et que c’est surtout une formation douteuse des médecins sur ce point qui conduit à l’utilisation d’un tel « instrument » (une pince munie de crochets pour choper le col afin de remettre l’utérus « en bonne position »… Cette pince est ce qui fait majoritairement mal, à la pose. Si seulement j’avais lu Martin Winckler plus tôt… Hum.).

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  4. Hello les filles !

    Je tiens juste à préciser quelques petits points : je suis préparatrice en pharmacie, je suis jeune diplômée, et je n’ai pas la prétention de dire que je sais tout sur tout ^^ ce dont je parle ce sont des généralités, les choses que l’ont m’a apprises en cours et au travail, ce que je lis des revues pharmaceutiques et du Vidal au travail. Bien sur que ça ne caractérise pas tout le monde et toutes les différentes formes de DIU qui existent ! C’est simplement une vue d’ensemble de ce à quoi s’attendre dans la majorité des cas.
    Quant à l’efficacité, oui, il s’agit de contraceptifs bien utilisés (donc de pilule bien prise), et même à 97% faut vraiment pas avoir de chance pour être enceinte : toutes nos patientes DIU sont ravies d’en avoir posé un.

    Le DIU cuivré, effectivement il a également une action spermicide, mais en cours on nous a toujours simplifié ça en inflammation : donc un peu par habitude je n’ai pas pensé à le rajouter… Les AINS ne sont pas formellement contre indiqués avec le DIU, ça dépend de la fréquence à laquelle on les prend : cependant nos professeurs et même nos titulaires nous ont toujours incités à la prudence avec ça. Et personnellement je ne me risquerais pas à conseiller des AINS à une personne qui porte un DIU sans avis du médecin…

    Mon article n’est pas parfait, mais la contraception c’est très personnel, et y a des cas par cas : j’ai essayé d’être claire, concise, et de rester dans les généralités pour éviter la surcharge d’info ^^

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    • Pas de souci, je ne critiquais pas du tout ton travail, j’apportais simplement mon avis et ce que j’ai appris sur le DIU 🙂 J’avoue que le côté « moins efficace que la pilule » m’a surprise, mais j’avoue aussi que la très bonne impression que j’ai de mon DIU me donne un peu envie de le « dédiaboliser » ^^. Et surtout de ne pas considérer les hormones comme la réponse à tous les maux (elles peuvent très bien correspondre à plein de femmes, mais elles gâchent la vie de beaucoup d’entre elles aussi). Mais aucun jugement sur les personnes qui utilisent la pilule ou autre bien sûr 🙂 Par contre la fourchette de prix indiquée me semble erronée, étant donné que le mien n’a coûté que 30€. C’est bon à savoir que ça ne coûte pas nécessairement un bras !
      En dehors de ça, cet article est très bien fait et très utile, je trouve hyper important de pouvoir parler des règles librement sans avoir à être gênée de les avoir. Chacune les vit à sa manière et connaît différentes expériences selon les contraceptions, et c’est une bonne chose d’avoir le maximum de témoignages pour être informée (puisque les règles restent encore un sujet très tabou dans les médias…). Donc merci 🙂

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  5. Et que penses-tu de cet article de Martin Winckler qui dément l’interaction entre le DIU et les anti-inflammatoires ? Mon médecin m’a également confirmé qu’il n’y avait aucune contre-indication. Est-ce qu’il est possible que certains enseignements soient trop datés ? (C’est une vraie question hein ^^)

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    • Désolée pas vu ton message tout de suite !

      Eh bien ce n’est pas formellement contre indiqué, mais comme l’action du DIU est en partie anti inflammatoire… Après bien sur ce n’est pas un ibuprofène pris comme ça qui va changer quelque chose, il faudrait en prendre sur une certaine durée. Mais nos pharmaciens (patrons et formateurs) nous ont toujours incités à la prudence : on ne connait pas forcément les habitudes des gens (une amie pharmacien prenait par exemple 6 ibuprofène par jour tous les jours parce qu’elle avait toujours un peu mal quelque part… Bien sur c’est un extrême, mais on ne peut pas connaitre les habitudes de nos patients, donc dans le doute, on joue la prudence), et prit à une certaine dose, ça diminue l’efficacité contraceptive. Donc inutile de souffrir en silence s’il n’y a que ce type de médicaments qui soulagé quand on a mal, mais attention à la dose prise : et comme il n’y a pas énormément d’études sur le sujet, c’est difficile de dire à quelle dose exactement cela influe. Surtout que chaque corps est particulier…

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      • Je ne dirais pas après que nos enseignements sont trop datés : tous nos programmes sont mis à jour très régulièrement (en deux ans de formation, le programme a été modifié une bonne dizaine de fois pour être à jour justement, parce que ça bouge très vite dans ce domaine), mais comme on délivré quand même des médicaments (ce sont quand même des poisons à la base… Dosés de façon thérapeutique, mais des poisons) et pas des Malabars, on nous incite toujours à beaucoup de prudence (en tablant également sur le fait que très peu de patients écoutent réellement ce qu’on leur dit : par exemple, selon les pharmacies, on va vous dire que le paracétamol c’est 3g par jour, d’autres fois on vous dira 4. En réalité, c’est 4g. En pratique, certains pharmaciens pensent (à tort ou à raison, selon les cas) que les patients feront de toute façon ce qu’ils veulent et préfèrent donc être d’une prudence parfois exagérée. Pour le DIU, c’était très passé de mode, et ça revient récemment donc on a tendance à beaucoup en parler, mais au final, les chercheurs ne se sont pas tellement plus penchés que ça sur la question DIU+AINS, et dans l’absence de réelle réponse, on préfère rester réservés sur les conseils parfois… Mais tout cela dépend du pharmacien sur qui vous tomberez !).

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  6. Bien le bonjour, article intéressant. Je suis sage-femme et je tiens à préciser que pour la contraception vous pouvez aller consulter un(e) gynécologue, un(e) médecin généraliste et un (e) sage-femme cela coûte 23 euros et on peut prescrire, poser l ensemble des contraceptifs et faire le suivi gynécologique.

    Je rajoute que pour l implant comme le DIU, il y a environ 1/3 des femmes qui n ont plus de règles, 1/3 qui les ont et 1/3 ont des spottings, c’est le principale motifs de retrait.
    Pour les AINS il n y pas eu d étude qui ont montré de risque de expulsion du DIU. A 6 ains par jour, le principale risque c est l ulcère gastrique.

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  7. Article très intéressant, comme tous les autres ! Je veux un DIU (et non un stérilet comme je l’ai écris dans mon précédent commentaire), mais avant il faut que je change de gynécologue. Celle que j’ai a atteint la date de péremption. Même pas capable de m’envoyer à l’hosto alors que ça fait 4 jours que je me balade avec une bartholinite… Résultat, direction les urgences gynécologiques 38h plus tard. Heureusement, une gynéco-chirurgienne m’a délivré de ma souffrance. C’est vraiment la première fois que j’ai eu envie de remercier une blouse blanche. Je vais aller la voir.

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  8. Bonjour tout le monde,

    Tout d’abord MERCI pour Passion Menstrues et tout le reste, je pense que ça aide beaucoup de monde.

    Je souhaite juste préciser que les sages-femmes (comme les gynécos) sont habilité(e)s à prescrire et poser/retirer (implant, DIU…) les contraceptifs sous toutes les formes. C’est nouveau et c’est peut-être pour ça que les gens ne le savent pas encore beaucoup ou que certaines sages-femmes libérales ne s’y sont pas encore formées mais voilà sachez juste que c’est possible et qu’elles peuvent même réaliser vote suivi gynéco (et si toutefois une pathologie est diagnostiquée elle vous oriente bien sûr chez un gynéco car elle est uniquement habilitée à gérer la physiologie).

    Merci pour nous 😉 et continuez comme ça ce site est génial (comme tout ce que vous faites Jack !)

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  9. Salut,
    mon expérience avec l’implant a été plutôt foireuse. j’était très enthousiaste à l’idée de ne plus avoir a me prendre la tete pendant 3 ans. en fait j’ai eu des écoulements quasiment tout le temps, mélange de sang et de pertes blanches, c’était très relou, ducoup je l’ai quand même gardé 9 mois, ma toubib me disait que ça pouvait changer, qu’il fallait que mon corps s’habitue… mais non.
    voila après je regrette pas, j’ai essayé plusieurs trucs pour éviter de me coltiner la pilule et presque 10 ans après j’ai toujours pas trouvé ce qui me convient.

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  10. Bonjour !
    Article et réactions intéressantes.
    Pour ma part j’ai testé le DIU et j’ai « apprécié ». la simplicité de la chose rend la vie plus agreable.

    par contre, j’avais des regles abondantes, et j’avoue que ca me genait.

    Je suis repassée a la pilule standard et j’ai la chance de pas avoir d’effets secondaires

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