Une femme reçoit des menaces de mort après avoir posté ses règles sur Instagram

Une américaine a reçu insultes et menaces de mort après avoir posté une photo de son sang menstruel sur Instagram. 

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Tout est parti d’un constat assez triste : en plus de voir leurs corps nus censurés (surtout si il y a un bout de téton apparent) par Instagram, beaucoup de femmes ont été bannies du réseau social après avoir posté une photo de leur sang menstruel. Essayez de faire la même expérience avec un saignement de nez ou une coupure quelconque et vous verrez que personne ne viendra vous retirer votre compte.

En revanche, si ça sort d’une chatte, ça devient sale et tabou, et c’est censuré. Et ça n’a aucun sens.

Alors certes, on peut très bien s’exprimer à titre très personnel sur le fait de voir des personnes exposer leur sang menstruel sur internet, ce n’est pas pour tout le monde et il est parfaitement compréhensible de se sentir mal à l’aise, comme devant n’importe quel fluide corporel, par ailleurs. Quand je vois des photos d’enfants avec le nez plein de morve je manque généralement de défaillir par exemple, mais ça ne me viendrait jamais à l’idée de censurer ceux qui font le choix de partager ça).

Face à cette injustice, Louelle Denor, originaire de Philadelphie, a donc décidé de poster une photo de sa coupe menstruelle et de son sang sur Instagram pour exprimer son mécontentement. Mais c’est celui des autres utilisateurs du réseau qui s’est surtout fait entendre.

Elle s’est vite retrouvée ensevelie sous une vague de « putain de féministes » et autres « ah mais c’est dégueulasse putain » – un grand classique, qui s’est payé le luxe de se digivolver pour grimper jusqu’au dernier niveau de la haine anonyme : les menaces de mort et autres invitations courtoises au suicide. Ah, et une jeune personne avec une photo de profil représentant Hitler a même fait preuve d’une grande inventivité en suggérant de grandes douches de sperme communes pour toutes les féministes. Astucieux.

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Ça me rappelle un peu tout ce que je peux me prendre dans la gueule quand mon blog atterrit sur les forums de petits trolls – mais globalement, ça tourne toujours autour de la bite et du sperme parce que bon, faudrait quand même pas qu’on oublie que c’est la source de tout et la réponse à tout et que nous devrions toutes nous prosterner devant le Grand Phallus Sacré. Mais ça, c’est une autre histoire.

Et évidemment, le même argument est toujours avancé : on ne poste pas de photos de sa merde ou de son gerboulis de grosse cuite sur Instagram parce que c’est dégueulasse, alors pourquoi le faire avec les règles ? Eh bien parce que personne ne censurera la photo de ta vieille crotte, peu importe si elle dégoûte tout le monde, peu importe le degré de mise en scène. Pour tes règles, en revanche, non seulement tu peux être censuré-e, mais tu peux être isolé-e dans une hutte en caca de gnou, huée, privée de cours, humiliée, jugée faible et impure, sale, repoussante, malade, bref, entre les règles et la peste, y a finalement pas tant de différence que ça (c’est même contagieux, rapport à la synchronisation des cycles et tout ça).

Y a qu’à voir le buzz que ça fait quand quelqu’un poste une vidéo dans laquelle on voit quelqu’un-e percer un vieux bouton dégueu vieux de 300 ans – mais qu’on vienne surtout pas nous montrer du sang de moule, ah ça non !

Et maintenant, tu peux être menacé-e de mort et invité-e à te suicider si tu oses le faire, gros-se dégueulasse que tu es. Et ça, c’est pas normal. Alors oui, je comprends parfaitement qu’on fasse la gueule face à du sang, qu’il vienne d’un vagin ou d’une coupure quelconque, mais rien ne justifie une telle déferlante de haine destructive. Les règles ont le pouvoir de rendre les gens tarés et de les pousser dans leurs retranchement, comme si on avait dépassé les limites de l’obscène et du malsain. Et souvent venant d’un public qui passe pourtant beaucoup de temps à s’exposer à diverses formes de violence, tant fictives que réelles, et qui repoussent eux aussi les limites de leur tolérance pour quelques frissons (ce que je ne juge pas, surtout en tant que fan intégriste de films d’horreur).

Entrer dans une chatte, ça oui, on en rêve, on en parle à longueur de temps et on ferait tout pour y arriver. Mais voir ce qui en sort, comment elle fonctionne ? Putain, plutôt crever.

Si vous maîtrisez l’anglais, je vous invite à aller lire le témoignage de Louelle Denor dans son intégralité sur Medium.

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Une réflexion sur “Une femme reçoit des menaces de mort après avoir posté ses règles sur Instagram

  1. Perso, je ne suis pas fan des « choses artistiques » faites avec du sang, menstruel ou pas, ou avec des déjections diverses. Mais il s’agit de l’expression d’une personne, c’est une liberté que nous devons utiliser de peur qu’elle ne disparaisse, certains écrivent, d’autres peignent, mettent en scène des pièces, ou photographient des trucs…
    Ceux que ça perturbe peuvent faire comme moi: ne pas regarder.
    Je félicite cette femme d’oser s’exposer comme elle le fait, de tenir tête aux haineux, de ne pas se laisser brider par des conventions sexistes et d’exprimer ce qu’elle a envie d’exprimer, à sa manière. Et si son truc c’est de prendre en photo sa cup, ben ok, pourquoi pas! Ça ne fait de mal à personne!

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